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Karim MALOUM :
« ma famille est la famille du sport ! »

Karim MALOUM est un véritable œil neuf du kick boxing et du pieds-poings français. Colosse aux physique de poids lourd, il est également un homme d’intelligence adepte du parlé vrai. Venu du rugby avec un passage en boxe, Karim est un véritable amoureux du sport. Ce sont sans doute son parcours sportif mais aussi es qualités humaines indéniables qui ont conduit Francis HAMDAOUI et son équipe à le convier pour œuvrer au sein du comité français de kick boxing. Sans langue de bois, il aborde tous les sujets même ceux qui fâchent avec un recul et une analyse qui en disent sur le potentiel d’homme qui n’a qu’une devise : « ma famille est la famille du sport !»

Pouvez-vous vous présenter aux internautes ?

Karim MALOUM : Pour ceux qui ne me connaissent pas, je travaille depuis presque deux ans au sein du CFKB (ndlr : comité français du kick boxing) en tant que chargé de développement, et depuis peu comme manager des Équipes de France de kick-boxing. Ce travail consiste à insuffler une nouvelle dynamique à la  discipline, trouver des sponsors et créer un esprit d'équipe au sein des Équipes de France, dans un sport que l’on peut imaginer comme relativement individuel. Je m'occupe aussi de la gestion administrative du bureau, ce qui comprend aussi les heures passées au téléphone à faire du social et à ménager les susceptibilités des uns et des autres, ce qui n'est pas une mince affaire.

Pourquoi ce choix d’œuvrer pour le kick-boxing alors que vous êtes issu du rubgy ?

Karim MALOUM : J'ai eu l'opportunité de venir travailler pour le CFKB à la demande de Francis Hamdaoui (directeur général), de Pascal Delvert (président) et Pascal ARENE. J’ai saisi cette chance car cela restait dans le domaine du sport : en réalité, peu importe la discipline, ce qui compte c’est de garder une éthique et un  esprit sportif. On peut s'adapter à tous les sports, le socle est toujours commun, et mon expérience au rugby est pour moi un atout majeur car j’y puise une grande inspiration pour l’Équipe de France de Kick-Boxing. De plus, avant de pratiquer le rugby à Perpignan, j'ai boxé en anglaise pendant plusieurs années donc le ring je connais. Ce challenge m'intéressait car pour moi c'était une nouvelle vie et une façon de tourner la page sur le passé... Ensuite créer un collectif pour un  sport individuel (Équipe de France) et fédérer des énergies, était une motivation supplémentaire. Si je parvenais à insuffler l'esprit du rugby au sport pieds-poings, ce serait pour moi et pour toutes les disciplines une vraie réussite.

Comment expliquez-vous le niveau élevé du championnat de France de cette discipline ?

Karim MALOUM : Le mérite en revient tout d’abord aux boxeurs. Je le précise car certains ont tendance à l’oublier. Je pense ensuite qu’au sein de chaque ligue et des comités régionaux de kick-boxing de nouvelles têtes émergent : elles font avancer la discipline en respectant ce que leurs ainés ont fait, mais aussi en y apportant un souffle nouveau et des idées nouvelles. Le mérite revient aussi aux présidents, dirigeants et entraîneurs de clubs, et aux bénévoles qui ne comptent pas les heures pour promouvoir la discipline. Ce sont eux les piliers de ce sport, tout ce travail nous montre en définitive que c’est un réel travail d’équipe.

Ce constat est à méditer par ceux qui ne voient que par le sport professionnel. Il en faut c’est certain, le sport professionnel est une locomotive, mais la base reste la pratique amateur et le sport de masse. Le niveau du kick-boxing est aussi élevé grâce aux résultats d'une véritable Équipe de France : cela crée une saine émulation, et de nombreux boxeurs et entraîneurs ont un vrai désir de participer à cette Équipe de France encadrée par le DTN Jean-Michel Reymond, qui est lui aussi pour beaucoup dans cette réussite.

Certaines personnes ont cherché à le discréditer, mais il faut le voir oeuvrer pour toutes les disciplines et se rendre compte du travail qu’il effectue. Il y aura toujours des mécontents, et le désaccord n’est pas un problème en soi : ce qui compte c’est que la critique soit constructive pour permettre d’avancer et d’améliorer les choses. Malheureusement, cela n’a pas toujours été le cas.

La saison tire presque sur la fin, quel bilan faites-vous de ce cru 2009 / 2010 ?

Karim MALOUM : « Comptablement », nous sommes en augmentation du nombre de licences chaque année depuis deux ans, et ceci grâce au travail de tous ceux qui croient en la discipline et, comme je le disais tout à l'heure, ceux qui veulent apporter de nouvelles idées et de nouvelles façons de travailler ensemble. Aujourd’hui, je pense qu’il faut arrêter de parler sans cesse du passé : cela est stérile et contre-productif. Il faut plutôt aller dans une politique du "nous" que du "moi je". Par contre, au niveau des clubs nous sommes en légère baisse. Cela est dû sans doute à la multiplicité des disciplines au sein de la Fédération, mais ce n'est pas bien grave, si cela fait avancer les sports pieds- poings.

Le bilan sportif, bien que les championnats ne soient pas terminés, ira  de mieux en mieux si tout le monde se décide enfin à regarder dans la même direction et porter les mêmes objectifs. Pour cela, il nous faut tous partager nos idées et écouter les propositions faites par chacun.

Financièrement, malgré les rumeurs qui vont bon train, le CFKB tient bien la route, même s’il éprouve quelques difficultés comme chaque année à la même époque. Beaucoup voudraient faire passer ça pour de la mauvaise gestion, moi je dirais plutôt qu'il y a des choses à changer quant au mode de fonctionnement. C’est précisément ce que nous sommes en train de mettre en place, de manière très réfléchie. Si cette année nous avons eu plus de dépenses, c’est qu'il y a eu plus d'actions, n'en déplaise aux détracteurs. Il faut savoir reconnaître le travail qui a été fait.

Les finales en province : une réalité ou un lointain projet ?

Karim MALOUM : Pour ce qui me concerne, je pense  que la délocalisation des tours de championnat en Province est une réussite et doit continuer cette année. Il s'agit d'une mise en route, il faut se servir des erreurs faites cette année pour ne pas les répéter l'année prochaine. Bien sûr, cela demande un effort financier pour les petits clubs qui doivent aller chercher des subventions supplémentaires pour pouvoir assurer ces déplacements. Mais pour pallier au moins en partie à cet inconvénient, je pense qu’il faudra l’année prochaine demander une participation plus active à certains des organisateurs qui se verront octroyés les tours.

Je précise que ces tours ne peuvent leur être octroyés que s’ils remplissent les conditions fixées au cahier des charges pour ces phases finales.

Pour moi, vendre les tours en faisant un appel d'offre ne serait pas une utopie – au contraire – cette manne financière pourrait dédommager les déplacements des petits clubs. C’est une idée qui faut mettre sur la table – il y en a peut-être d’autres – et je pense qu’il faut en débattre librement.

Concernant les finales, je pense que cela peut-être une réalité : peu importe qu'elle soit en province ou à Paris, dès l'instant où le CFKB donnera ces finales à un véritable organisateur qui fera la promotion du kick-boxing. Il faut sortir des idées reçues et ne pas rester cantonné dans un petit périmètre si l'on veut que le kick-boxing émerge et soit connu de tous. L’organisation de ces championnats en province est une grande opportunité pour le Kick-Boxing : cela permet de toucher un plus large public dans des lieux beaucoup plus variés. Combien, parmi tous ceux qui ont assisté cette année aux Championnats qui ont eu lieu en province, seraient venus à Paris pour les voir ?

Vous êtes récemment intervenu auprès des clubs pour empêcher le vote d’un commissaire aux comptes : que s’est-il passé exactement ?

Karim MALOUM : Je ne suis pas intervenu pour empêcher le vote, mais pour qu'il y ait un véritable vote démocratique. L’assemblée générale et le vote par correspondance que proposait la FFSC-DA étaient totalement illégaux car cela ne rentrait pas dans le cadre de ses statuts.

De plus, il n'y avait pas eu d'appel d'offre. Désormais, une véritable assemblée générale va se tenir ce dimanche 18 avril, avec deux postulants : c’est aux adhérents de faire leur choix. Il faut que les comptes de la Fédération soient certifiés par quelqu’un de neutre, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Le but de ma lettre aux Clubs était de sensibiliser chacun sur l'avenir de la Fédération, que chacun se sente personnellement concerné par ce qui se passe au sein de la Fédération, et ainsi éviter tout recours en espérant que cette élection se fasse dans les règles.

On parle de tension entre Denis Marie CINTURA et le CFKB, vous confirmez ?

Karim MALOUM : Bien sûr je le confirme, et ceux qui ne font pas partie de son fan-club le confirmeront aussi. Le CFKB est un membre fondateur de la Fédération. Il a adhéré au projet contre l’avis de beaucoup de détracteurs. Essayons de ne pas leur donner raison, mais pour cela il faut que les élus prennent leurs responsabilités : le CFKB a accepté de participer à cette aventure sous certaines conditions (préserver l'autonomie financière et sportive du kick-boxing notamment). Ces conditions ont été acceptées à l'époque par DMC, et aujourd’hui il tente de revenir sur cet accord. C’est une des raisons qui explique les tensions.

Une autre de ces raisons est qu’il y a une véritable opacité sur l'attribution et la répartition des subventions dûes au CFKB par la FFSC-DA. Ces subventions ont pour objet de permettre au CFKB de réaliser des actions définies par la convention d'objectif fixée par le DTN et le CFKB et approuvée par le Ministère. Il est temps que certains ouvrent les yeux sur ce qui se passe : nous sommes dans une situation de blocage car plus rien ne nous est reversé aujourd’hui.

DMC soutient que nous ne pouvons obtenir les subventions sans le passage

et la certification d'un commissaire au compte. Nous n’y sommes pas opposés car nos bilans comptables ont été remis à la FFSC-DA depuis plusieurs mois et sont parfaitement clairs et limpides, contrairement à ce qu'on veut bien véhiculer. Si un commissaire aux comptes veut venir consulter nos archives au Comité, il est le bienvenu.

Par ailleurs, si c’est vraiment le cas, on peut légitimement se demander comment la FFSC-DA a pu se voir attribuer par le Ministère une avance sur subvention de 85.000 euros, alors que ses comptes n’ont pas encore été certifiés par un commissaire aux comptes…ce qui serait valable pour le CFKB ne devrait-il pas l’être pour la FFSC-DA ?

Je reste convaincu que le projet de  Denis-Marie Cintura – malgré ce qu'il clame partout – est d'absorber financièrement le CFKB afin de l’intégrer au sein de la FFSC-DA. La question est « pourquoi » ? Je n’ai pas la réponse, et c’est aux élus de poser cette question. Quant à moi je le considère comme un très bon politique, avec tout ce que cela comporte…

La question posée, aurons-nous la réponse ? Rien n’est moins sûr.

Quel rapport direct entretenez-vous avec DMC qui reste un homme assez directif ?

Karim MALOUM : Je n’ai désormais plus aucun contact avec lui, après qu’il ait tenté de me faire venir au sein de la FFSC-DA. Nous nous sommes dit ce que nous avions à nous dire : je ne suis pas d'accord sur son mode de fonctionnement, ses méthodes de travail. Je n’accepte pas le mépris qu’il peut parfois manifester à l’égard des gens. Je ne serais jamais un "béni oui oui" et je ne dirais pas amen à n'importe quoi. Le challenge de venir travailler à ses côtés au sein de la FFSC-DA m’aurait vraiment intéressé, car je crois vraiment qu’il est possible de fédérer tous les sports de contact, et je trouve que c’est un beau projet. C’est un vrai défi que de tenter de créer une unité tout en respectant les différences de chaque discipline. C’est après avoir vu la politique menée par DMC que j’ai décidé de refuser. Cela ne correspond pas à l’idée que je me fais du sport et de son encadrement.

Je laisse chacun se faire sa propre opinion si l’on venait démentir mes propos.

Que répondriez-vous au sondage publié dans nos colonnes : « Pour ou contre la politique menée par Denis Marie CINTURA ? » 

Karim MALOUM : J'ai pris le parti de ne pas utiliser ses méthodes. C’est un génie dans son genre, il n’a rien à envier au plus grand illusionniste et magicien de las vegas, comprenne qui voudra Je n’ai pas l’intention de le dénigrer ou de le calomnier. Personnellement je suis ouvertement contre et pour de multiples raisons. Je pense qu’il serait sain qu’un contrôle de la gestion du budget de la FFSC-DA soit mis en place afin de lever des rumeurs nauséabondes, et rassurer tout le monde sur l’usage qu’il est fait des fonds.

Ses propos pour le moins injurieux parus dans le forum d’un site bien connu au sujet de sa grosse voiture sont pour le moins révélateurs de l’attitude de DMC face à la critique. Pour moi, il peut se déplacer en jet s’il ça lui fait plaisir, à condition que ce ne soit pas au détriment de la Fédération.

Je peux d’ailleurs comprendre que certaines personnes aient besoin d’une grosse voiture et d’un gros cigare pour s’affirmer… cela dit, c’est bien tout cela qu’il convient à mon sens de vérifier et contrôler.

Comment jugez-vous la situation de la FFSCDA à l’heure actuelle ?

Karim MALOUM : Je crois vraiment en ce projet de fédérer les sports pieds-poings, à la condition que chacun laisse son égo de côté. La situation à  l'heure actuelle est critique, mais pas désespérée : il faut que des gens responsables prennent position et avancent à visage découvert et ne changent pas d’avis avec le dernier qui a parlé… Il faut aussi que le Ministère mette un peu plus son nez dans cette nouvelle Fédération avant qu'il ne soit trop tard car plus le temps passe, plus dure sera la chute.

Quelle est la position du CFKB dans ce capharnaüm de disciplines ?

Karim MALOUM : Jusqu'à présent – et je parle en mon nom et au nom de certains membres du CFKB –  si la politique de la Fédération reste telle quelle, il faudra sortir de cette Fédération avant qu'elle n'implose de l'intérieur, car tout est fait jusqu'à présent pour asphyxier financièrement le CFKB et le dévaloriser sportivement, alors qu'il tient une ligne de conduite irréprochable depuis deux ans.

Trop de disciplines tuent les disciplines : déjà, le kick-boxing et le k1 ne devraient faire qu'un, car, concernant le k1, il s’agit d'une appellation et non d’une discipline. C’est du kick-boxing japonais. Je pense donc qu’il faudrait  fédérer tous les acteurs du k1 avec ceux du kick-boxing, toutes régions confondues sur Marseille comme sur Paris : des gens oeuvrent dans le bon sens, et il faut arrêter avec les querelles intestines du passé.

Qu’attendez-vous de la fédération des sports de contact ?

Karim MALOUM : Qu’elle fédère tout simplement. À l'heure actuelle, cela ressemble plutôt à la « division française des sports de contacts » et règlements de comptes à O.K. Corral : trop de gens règlent des comptes personnels et son président en premier, n'est-ce-pas Jacqueline ? (rire) Pourtant la polémique autour de ce qui s’est passé à la boxe américaine est loin d'être risible : avant de jeter l'opprobre sur quelqu’un, il faut avoir tous les tenants et les aboutissants. Dans ce cas d’espèce, la mort tragique d’un boxeur a donné lieu a une polémique déplacée : en réalité, contrairement à ce qui avait été avancé le défaut d’indemnisation par l’assurance n’a rien à voir avec l’obtention ou non d’une autorisation pour cet événement. Aujourd’hui, il faut laisser la justice faire son travail et déterminer les responsabilités.

Je ne doute pas que notre président saura trouver une solution afin que cette famille soit indemnisée. S’il doit aussi pour cela se poser en sauveur, grand bien lui fasse.

Je profite que ce sujet soit évoqué pour dire, en mon nom et au nom des membres du CFKB, à la famille de ce jeune boxeur toute notre sympathie.

Que faut-il changer selon vous ?

Karim MALOUM : En l'état actuel des choses, il me semble que si la politique de la Fédération continue de la sorte il faudra changer de président : il ne suffit pas de faire un coup d'éclat médiatique, encore faut-il que cela serve l’ensemble des disciplines pieds-poings, et que l’une ne soit pas traitée au détriment des autres.

Pour ce qui concerne la Fédération et son Président, des procédures sont en cours, il faut laisser le temps à la justice de rendre ses décisions.

Une fois cela fait, et quelqu’en soit le résultat, chacun devra tirer toutes les conséquences et agir pour un véritable changement. Ce qui compte, c’est toujours d’avoir une véritable éthique et un esprit sportifs.

Qu’est-ce que le chargé de développement pour le kick boxing que vous êtes espère pour cette discipline et peut-être même pour le pieds-poings ?

Karim MALOUM : Concernant le kick-boxing, je souhaite que l'on fasse table rase du passé en se servant des erreurs commises pour ne pas les recommencer. Que personne ne se serve de la discipline pour une revanche personnelle sur qui que ce soit, que ceux qui ont acquiescé aux actions passées ne viennent pas aujourd’hui se poser en « monsieur propre » : qu’ils arrêtent avec leurs discussions stériles et contre-productives, et qu’à titre personnel, ils tirent toutes les conséquences de leurs propres critiques, et laissent éventuellement la place à de nouvelles têtes.

Le kick-boxing a été géré pendant des années par des acteurs qui ont mis leurs âmes et leur temps. Sans doute des choses doivent être changées, mais la discipline a le mérite d'exister grâce à eux. Il faut changer les choses tout en respectant ce qui s’est fait de bien par le passé. La force du kick-boxing a toujours été l'unité : sachons la préserver car nombreux sont ceux qui se servent de la division pour mieux régner. De nouvelles têtes émergent au sein du kick-boxing, laissons-les travailler. Concernant les sports pieds-poings, je suis entièrement disposé à travailler pour l'ensemble de ces sports car je le répète pour moi il n'y aura jamais une discipline plus qu'une autre : ma famille est la famille du sport.

By JL.

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